Pour voir le futur, il faut regarder derrière soi.
Pour voir le futur, il faut regarder derrière soi.
La semaine dernière sur France 3 était programmé le film « I Vitelloni » petit bijou du maestro Fellini. Je ne l’ai pas revu ce soir là,
car il finissait à une heure indue pour qui, comme moi, doit se lever tôt pour nourrir sa petite famille, néanmoins je me suis remémoré avec bonheur et nostalgie ce grand moment de
cinéma….
Nous sommes dans une petite ville italienne sur la côte adriatique au début des années cinquante, une bande de cinq amis célibataires, adolescents attardés traînent leur ennui et leurs velléités de faire face à l’existence.
Entre les flâneries sur le littoral déserté, les considérations sur les courbes féminines et les farces de potache ils font surtout le désespoir de leurs parents.
Une scène m’est singulièrement revenue en mémoire, elle peut faire figure de métaphore avec la situation actuelle :
Nos sympathiques oisifs sont à bord d’un tacot antédiluvien, ils dépassent une équipe de cantonniers trimant sur la route lorsque Alberto (Alberto Sordi) sort du toit ouvrant pour leur faire un superbe bras d’honneur accompagné d’un sentencieux « lavoratori » (travailleurs !) suivi de bruitages obscènes et flatulents .Les ouvrier regardent amèrement s’éloigner le véhicule sans broncher.
Le réalisateur donne l’impression de croire en la justice immanente sinon divine car quelques instants après la bagnole s’immobilise victime d'une panne .
Les occupants du véhicule prennent la poudre d’escampette mais n’en seront pas moins bon pour une rouste prolétarienne !
Nos vitelloni d’aujourd’hui sont nettement plus coriaces et insaisissables; ils naviguent entre stocks options, golden parachutes et paradis fiscaux . Nous ne sommes pas près de les rattraper.

Un Anarchiste est celui qui a un tel besoin d'ordre qu'il n'en admet aucune Parodie.
Marc-Edouard Nabe

"Je vais mettre l'histoire en scène comme d'autres le font avec des pièces de théâtre",
Werner Herzog
Aguirre, der zorn gottes
Réalisé en 1972 par Werner Herzog
Ce film est ressorti sur grand écran en version restaurée l’été 2008.
Avec Klaus Kinski : Don Lope de Aguirre,
Helena Rojo: Inès de Atienza,
Del Negro : Don Gaspar de Carvajal,
Ruy Guerra : Don Pedro de Ursúa
Peter Berling : Don Fernando de Guzman
La trame historique du récit provient du journal du moine Gaspar de Carvajal, missionnaire dominicain et explorateur du xvIe siècle. L’adaptation n’a rien d’historique cependant, tout en restant plausible. Le frère aurait parcouru l’amazone vingt ans avant Lope de Aguirre.
D’emblée, la longue descente de la troupe hétéroclite formée par les conquistadores, leurs commensaux, accompagnés par les amérindiens porteurs asservis mais stoïques, dans les sentiers brumeux d’une montagne superbe donne le registre. Elle est ainsi ponctuée par Aguirre :"Aujourd'hui commence notre chute"
L’expédition se traînant, Pizarro décide d’envoyer en reconnaissance sur le fleuve une partie de la troupe. Le commandant en sera Don Pedro de Ursua, qu’accompagne sa fiancé, il se verra assisté de Don Lope de Aguirre dont la propre fille sera de la partie.
Il s’ensuit des manœuvres du lieutenant pour évincer son maître qui aboutissent a l’élection de Don Guzman « empereur d’Eldorado » grotesque marionnette d’Aguirre.
L’expédition en butte aux éléments, sombre inexorablement, mené par un Aguirre froidement enragé…
Tentative de façonner un nouveau cinéma expressionniste, description extrême sur le thème de la chute, analyse du tragique destin de la rébellion, parabole sur le nazisme …les niveaux
d’interprétation de cette œuvre sont multiples.
L’idée même de cette épopée guerrière, quête d’un Eldorado chimérique dans une nature, à l’époque au delà déjà des frontières de l’univers connu est une démesure. Démesure, oui mais aussi l’Impression d’un documentaire, Le réalisateur déroule sa pelote lentement mais impitoyablement sans donner le sentiment de rechercher le sensationnel, contairement à son double l’halluciné klaus Kinski peu loquace mais démentiellement expressif. L’exploration, sous l’effet des tourments d’un invisible ennemi, de la faim et du soleil provoque un sentiment d’irréalité qui progresse insidieusement jusqu’a la lisière de la folie. Parallèlement Aguirre s’affranchit des tutelles et des règles pour aller au plus loin vers son rêve.
Première collaboration entre Kinski et Herzog dont les personnalités rendent difficile de discerner lequel est le plus exigeant , le tournage sur les lieux même où est censé se dérouler l’action fut l’occasion d’un véritable happening et d’une guerre des nerfs, Werner Herzog aurait mis en joue son acteur avec un revolver avant de menacer de se suicider.
Un chef d'oeuvre du cinéma digne de notre époque dont il est difficile de ne pas observer qu’elle nous entraîne vers les pires abîmes.
Mercredi des Cendres, 25 février 2009
Succédant au Mardi gras, moment prétexte à la frivolité, le Mercredi des Cendres est un jour de pénitence qui marque le début du carême pour les catholiques.
Le prêtre trace une croix de cendres sur le front des fidèles, signe d'invitation à la pénitence.
Ces cendres proviennent de la combustion des rameaux bénis de l'année précédente.
Dans la Bible, de nombreux passages évoquent la tradition orientale de se couvrir la tête de cendres, pratique symbolisant une grande affliction et l’imploration du pardon :
Mardochée, ayant appris tout ce qui se passait, déchira ses vêtements, s'enveloppa d'un sac et se couvrit de cendre. Puis il alla au milieu de la ville en poussant avec force des cris amers,
Esther 4 1.
Et Job prit un tesson pour se gratter et s'assit sur la cendre. Job 2.8
Ils feront entendre leurs voix sur toi, Et pousseront des cris amers; Ils jetteront de la poussière sur leurs têtes Et se rouleront dans la cendre; Ezéchiel 27.30
Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, afin de recourir à la prière et aux supplications, en jeûnant et en prenant le sac et la cendre. Daniel 9 .3